A nous la catastrophe !

Publié le par Pierre Thiesset

La pénurie d’énergie ne fait que commencer. Ses conséquences sont souvent présentées de manière catastrophiste (Yves Cochet, Pétrole apocalypse, Richard Heinberg, Pétrole, la fête est finie, Jean-Marc Jancovici, Le plein s’il vous plaît, etc.). C’est-à-dire réaliste. Dario Fo, prix Nobel de littérature 1997, est assez documenté sur le sujet pour ne pas déborder d’optimisme. Mais dans son ouvrage L’Apocalypse différée, l’auteur italien imagine une prise de conscience soudaine et salvatrice.

 

9782213643861.jpgLes vannes se sont refermées. Les Italiens n’ont plus une goutte de pétrole. Les supermarchés ne sont plus alimentés en marchandises venues de l’autre bout du monde. On ne peut plus se rendre au travail. A Milan, un ouragan détruit les gratte-ciels. Les armées sont immobiles. L’argent ne vaut plus rien.

 

Le vieux monde nourri au combustible fossile s’écroule. Les chaudières se vident et les voitures agonisent : « Une hécatombe de ferraille compressée et empaquetée ! » Le pays est paralysé. « Il nous faudra dire adieu aux 4x4… Retour à l’âge de la pierre. Mieux, à celui des piétons. »

 

Alors le peuple s’organise. Des foules à vélo apparaissent, tirant des carrioles. On échange, on troque, on cultive. Les villes sont désertées quand les champs sont reconquis par la paysannerie. L’artisanat se redéploie. L’air se purifie, les autoroutes deviennent des friches, le silence règne. Les habitations inutilisées sont squattées.

 

On se rencontre, discute de la vie de la cité, débat sur la constitution. L’espace public grouille d’une vie intense. La seule question qui compte : comment se prendre en main ? Il n’y a plus de dirigeants, les hommes politiques et religieux sont méprisés, les riches ruinés, les multinationales en faillite, disparues, les profiteurs dégagés. Les habitants gèrent eux-mêmes leur production d’énergie, se rationnent, partagent, créent et inventent. Même les lits des prostituées fournissent de l’énergie : le mouvement engendré par les ébats est récupéré.

 

Terminé, le style de vie imbécile et suicidaire. C’est quand l’effondrement survient que nous finissons par crier : « Nous voulons vivre. »

 

Dario Fo, L’Apocalypse différée ou A nous la catastrophe !, Fayard, 2010.

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(Clovis Simard,phD) 05/03/2011 01:08


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La Page No-18: CHAMPS DE FORCE !

L'ÉGYPTE ! UN CHAMP D'ÉNERGIE ?

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Clovis Simard