Automobile, pétrole, impérialisme

Publié le par Pierre Thiesset

IMG_00032.jpg« [La voiture] est destinée à anéantir le monde ». C’est Ilhya Ehrenbourg, journaliste et écrivain russe, qui le prédisait dès1929. Il ne s’est malheureusement pas trompé. De sa première victime en 1899 à aujourd’hui, la bagnole a broyé plus de trente millions d’hommes. Chaque année, c’est 1,3 millions de morts qui s’ajoutent à la liste (pour 50 millions de blessés). L’Organisation mondiale de la Santé prévoit que d’ici 2030, le sacrifice montera à 2,4 millions. Plus, beaucoup plus qu’un tsunami en Asie du sud-est et un séisme en Haïti…

Le « binôme capitaliste dominant du 20e siècle : pétrole et automobile » ravage la planète. L’augmentation exponentielle du nombre de voitures, du réseau routier et de la consommation de pétrole pourrit l’air, dérègle le climat, provoque cancers et maladies respiratoires, détruit les espaces naturels, démantèle les transports publics. Avec la collaboration de nous tous, petits bourgeois occidentaux : « Les entreprises capitalistes de construction automobile et aéronautique sont responsables de cet état de choses, mais seulement avec et à cause des « gens ». Ils ont choisi l'automobile et l'avion plutôt que le tramway, le métro et le train. Ils s'imaginent avoir fait un « libre choix », mais rien n'est libre, pas même ce « choix ». Ils n'ont pas seulement choisi l'automobile, mais aussi les multinationales, les dirigeants et les lois de l'industrie capitaliste la plus grande et la plus destructrice. Ils ont produit, et continuent à aiguiser, leur propre épée de Damoclès. » « Cette maladie de l'automobile fait partie d'un processus d'embourgeoisement psychotique de masse, qui touche aussi certaines couches du pseudo-prolétariat. »

L’automobile est le véhicule de la mondialisation, de l’impérialisme, du colonialisme. Pour le contrôle du pétrole et du gaz, on mène des guerres sous couvert de « démocratie ».  On exploite le Tiers monde, ses ressources et ses peuples. On pille les réserves de pétrole. On monopolise les terres agricoles pour cultiver des agrocarburants, les pauvres peuvent crever la gueule ouverte. On détruit des paysages sublimes d’Amérique du sud pour s’arracher le lithium et produire des voitures électriques, « propres » paraît-il.


Voilà pourquoi
« les manifestations anti-automobiles sont anti-impérialistes ». Ce sont des combats de libération. « Dans les années à venir, se déconnecter du complexe industriel pétrole-automobile sera à la fois nécessaire et révolutionnaire. » Mieux : ce pourrait être « le point de départ de la démolition du système capitaliste mondial ».

Hosea Jaffe, Automobile, pétrole, impérialisme, Parangon/Vs, 2005.

Publié dans Livres anti-bagnoles

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