C'est facile de pédaler quand il fait beau

Publié le par Pierre Thiesset

IMG_3780.JPGPar un joli mois de mai, Michel Fuchs décide de sortir de la routine : « Je tiens à vivre intensément chaque jour. » Le moyen doit allier effort et simplicité. « La bicyclette s'impose alors de façon spontanée, évidente. » Bécane harnachée, le cheminot alsacien pose quelques congés et pédale plein sud. Son expédition, il la baptise Lisboa Express, « un peu par dérision à l'époque des transports à grande vitesse ».

 

Tout au long du chemin, Michel, poète et musicien, chante sur le rythme des pédales, rencontre, transpire, observe la « fabuleuse nature », et pense. Le vélo favorise l'introspection. A quarante-sept ans, le voyageur emmène avec lui les 300 pages de ses cours de philo de terminale. Pour les relire une dernière fois avant de les semer sur son passage.

 

Son récit est joyeux, plein d'enthousiasme et de spontanéité. Même si, lacune inhérente au genre carnet de route, il souffre de détails et d'anecdotes superflus. Exemples : « Au bout d'une quarantaine de kilomètres, j'arrive à Saint Germain du Bois vers quatorze heures. Je m'installe devant la mairie, sur la place, le vélo contre le mur et mon dos aussi pour une pause assez longue assortie d'un casse-croûte. » « C'est l'heure de la pizza accompagnée d'une bière, la seule boisson alcoolisée qui m'agrée. Et après ça j'irai dormir. » « Il fait beau. Avant de démonter la tente je vais faire ma toilette. »

 

Après dix-neuf jours de voyage, les 2340 km sont derrière lui. « De coup de pédale en coup de pédale je finis par y arriver. » Cette expérience de simplicité transforme l'homme. « La route est devenue ma vie, le vélo plus que mon outil. Mes vingt kilos de bagages contiennent amplement tout ce dont on peut avoir besoin, réellement besoin, sur le plan matériel. » Et le cyclo-poète de conclure : « Débarassé d'une quantité de faux besoins, la vie me paraît beaucoup plus facile depuis. »

 

Michel Fuchs, C'est facile de pédaler quand il fait beau !, d'Alsace à Lisbonne, éditions Pierron, 2001.

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