Comment reboucher le trou de la Sécu

Publié le par Pierre Thiesset

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La tempête Xynthia ravage le littoral charentais et vendéen. Aussitôt, l'Etat se met en branle et ordonne la destruction des lotissements qui n'auraient jamais dû être construits en zone inondable. Les flots ont fait une cinquantaine de victimes. C'est terrible. Tragique comme un week-end de Pâques sur les routes. Sauf que dans le deuxième cas, on ne met pas au pilori les missiles responsables de la tuerie.

 

A Haïti, un séisme ruine le pays. Dans le monde entier, on se mobilise, on quête, on donne pour reconstruire. Plus de 230.000 morts, c'est affreux. La solidarité internationale rappelle celle de 2004, quand nous venions en aide à l'Asie du sud-est, victime d'un tsunami tout aussi meurtrier (230.000 morts selon les estimations). Les insoutenables images des vagues emportant tout sur leur passage restent gravées dans nos mémoires. C'est spectaculaire, dramatique, aussitôt on construit des digues, des ponts, on se secourt les uns les autres.

 

Et chaque année, la voiture broie 1,3 million de personnes dans le monde. Routine. Depuis un siècle, plus de trente millions d'humains ont été victimes de cette machine impitoyable. Cinq fois plus que la Shoah.

 

Est-ce qu'on va démanteler les multinationales qui répandent ces bombes ? Non. Est-ce qu'on va limiter drastiquement la vitesse ? Non. Est-ce qu'on va diminuer le trafic routier ? Non. Au contraire, on déroule des routes. Partout, aux Etats-Unis, en Espagne, en Allemagne, en France, etc., on sponsorise les entreprises responsables du massacre, pour les sauver de la faillite.

 

Par contre, pour reboucher le fameux "trou de la sécu", les malades sont priés de se prendre en charge, de payer de plus en plus eux-mêmes les soins que notre si généreuse société leur prodigue. Les fourmis travailleuses sont sommées de ne plus jamais partir en retraite. Crevez au boulot, sales pauvres. Petit problème de mathématiques pour un enfant de sept ans : sachant que le déficit de la Sécurité sociale est d'un peu plus de 20 milliards d'euros et que "le coût de l'insécurité routière est estimé  à 25,42 milliards d'euros" chaque année (*), comment pourrait-on facilement le résorber ? En s'attaquant à la déesse automobile, bonne réponse.

 

 

(*) Selon les chiffres du Ministère de l'Ecologie.

 

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Publié dans Articles anti-bagnoles

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