Ecoblanchiment, quand les 4x4 sauvent la planète

Publié le par Pierre Thiesset

 

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Le Roundup de Monsanto est biodégradable, respecte l'environnement, ne présente aucun danger pour la santé. Les grandes surfaces veulent changer le monde en vendant des produits bio et « commerce équitable ». Carrefour est un repère de la décroissance. La dauphine de Wal-Mart exhorte : « Arrêtons de consommer plus pour consommer mieux. » EDF installe des réacteurs nucléaires dans le monde entier et entasse les déchets radioactifs, mais c’est éthique ma bonne dame, responsable, vert. Le circuit de Formule Un prévu dans les Yvelines aurait été labellisé « Haute qualité environnementale ». Selon quelques intégristes de l’écologie, le tapis de béton aurait surtout détruit quelques hectares de terres agricoles et menacé une nappe phréatique. Finalement, les fils à papa ne vroum-vroumeront pas ici. Alors que rouler en voiture, à tombeau ouvert, c’est bon pour l’environnement, surtout si elles rejettent moins de 130 grammes de CO2 par kilomètre.

 

Tout est propre. Tout est bio. Les multinationales les plus crades deviennent des modèles de probité en quelques coups de photoshop. Le mensonge sur papier glacé, gentiment appelé « communication », ne connaît aucune limite. Ne pouvant plus cacher les multiples périls engendrés par des décennies de « progrès » sans merci, les responsables du pillage de la planète deviennent ses plus grands protecteurs. « Il ne s'agit plus de se désintéresser du discours écologiste, mais de l'intégrer, de le digérer, pour continuer à faire le même business, la bonne conscience en plus. »

 

Ca s’appelle de l’ « écoblanchiment », ou greenwashing en anglais. On prend un pinceau, de la peinture verte, et on met une couche sur la façade. Comme si le capitalisme pouvait être moralisé… Résultat : « Pour savoir quelles sont les multinationales les plus prédatrices à l'égard de notre planète, il suffirait presque de relever le nom de celles qui investissent le plus dans la communication verte ! » Les constructeurs automobiles figurent évidemment dans le haut du classement. A nous de les dénoncer, de les boycotter… Pour, un jour, les démanteler ?

 

Jean-François Notebaert et Wilfrid Séjeau, Ecoblanchiment, quand les 4x4 sauvent la planète, éditions Les petits matins, 2010.

Publié dans Livres anti-bagnoles

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