Il y a un siècle... le vélo

Publié le par Pierre Thiesset

1830.JPGDécennie 1890 : le vélo connaît un essor fulgurant. Couronné petite reine, il devient « le moyen de transport individuel par excellence ». Naguère jouet de l'aristocratie, la machine à pédales se démocratise. Les bourgeois se rabattent vers l'automobile. Le peuple s'empare des guidons. Il faut apprendre l'équilibre. Changer ses habitudes vestimentaires. Les femmes s'émancipent en abandonnant leurs uniformes inadaptés. Les classes populaires voient leur horizon s'ouvrir. C'est toute la société qui s'en trouve chamboulée.

 

Les ouvriers partent à l'usine en pédalant. Les triporteurs livrent leurs marchandises. Les flics, appelés « hirondelles », se déplacent à vélo. Comme les facteurs. Même des bidasses. Tout le monde mouline pour partir à la découverte de la campagne pendant son temps libre. C'est le « moyen de transport idéal pour découvrir les sites pittoresque des environs ».

 

On acclame les champions. Les vélodromes se multiplient, les courses suscitent l'engouement. Avec Saint-Etienne pour capitale, l'industrie du cycle est en plein essor. La production s'intensifie, le nombre de marques explose, les prix diminuent, les pubs se répandent. Des inventions plus ou moins loufoques voient le jour : vélos sur patin, minivélo, vélos à bras, machines à cinq places, triporteurs, cyclomoteurs, vélos d'appart, vélos de record, vélos couchés, vélos ferroviaires, vélos flottants ou même volants... L'art s'empare de cette frénésie sur deux roues.

 

Par son abondante iconographie, cet ouvrage illustre à merveille la vague cycliste d'il y a un siècle. « Le plus extraordinaire amplificateur du moteur humain », « pratique, rapide, bon marché », a depuis été détrôné par l'automobile. Mais seulement sur une infime partie de la planète : les pays les plus riches. Et la bataille est loin d'être perdue. Maintenant... le vélo.

 

Jean-Noël Mouret et Ronan Dantec, Il y a un siècle... le vélo, éditions Ouest-France, 2005.

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