Jamais seul au monde

Publié le par Pierre Thiesset

regnier.jpgSuite à un accident de plongée survenu à 47 mètres de profondeur, Stéphane Régnier est diagnostiqué hémiplégique. Les médecins lui conseillent de faire du vélo pour se rééduquer.... Il part pour un tour du monde : un an sur la route, 28.875 kilomètres et 17 pays parcourus, entrecoupés de liaisons en avion.

 

Le trentenaire au sourire communicatif utilise un lourd vélo de l'armée suisse, robuste. A l'énergie des jambes, Stéphane Régnier veut ajouter celle du Soleil : un moteur électrique entraîne la roue avant à l'aide d'un galet, les batteries étant alimentées par des panneaux photovoltaïques. Mais le procédé est vite abandonné. Après un échauffement de Parthenay, ville-départ, jusqu'à la Suisse, il se déleste de ce lourd fardeau (60 kilos au total) pour monter plus facilement les cols du Jura.

 

Sa bicyclette verte et jaune, baptisée « Manhattan » suite au 11 septembre, résiste à tous les terrains : l'Italie, l'Inde, le dangereux Cachemire, le Népal, la Thaïlande et ses éléphants... En Australie, l'aventurier se fait démollir la mâchoire, agressé alors qu'il dort dans un square de Newcastle. Puis, perdu dans un grand parc naturel sous une chaleur accablante, affamé et déshydraté, il s'affole, sentant la mort proche.

 

Mais il mène son périple à bien, rencontrant le peuple méprisé des Aborigènes, les Maoris de Nouvelle-Zélande, pédalant sur les Fidji, à Tahiti, aux Etats-Unis puis au Québec, après avoir réuni assez d'argent en bossant quelques jours comme cuistot à New York.

 

Une centaine de crevaisons plus tard, Stéphane Régnier revient avec le sentiment « d'être enfin devenu un homme à 33 ans ».

 

Stéphane Régnier, Jamais seul au monde, éditions Michalon, 2003.

 

S'il reste entraînant, ce livre de photographies souffre néanmoins d'une grosse lacune : les images tirées du film numérique pris par Stéphane Régnier pâtissent d'une trop faible résolution, les pixels sont carrément visibles. Dommage, l'enthousiasme de l'auteur méritait mieux.

Après ce voyage, Stéphane Régnier a créé les vélos pliables Strida, innovants : strida.fr.

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