L'apocalypse est pour demain

Publié le par Pierre Thiesset

IMG_1513.JPG« Tout avait si bien commencé. Avant la civilisation automobile. » Les voitures ont envahi le moindre espace. « Yeux exorbités », les conducteurs errants passent leur temps à se déplacer et à chercher des places. Ils ne peuvent travailler qu'une demi-heure par mois, enfermés dans leur camisole métallisée les 720 heures restantes. Pare-choc contre pare-choc, l'homme n'avance plus qu'à huit mètres à l'heure. « On naissait, on grandissait, on se mariait en voiture. Et, bien sûr, on y mourait. Atrocement et sans cesse. »

 

Cette « mer de toits », cet « océan de capots » a tout englouti. Personne ne peut survivre sans masque à oxygène. La vie sauvage a été éradiquée. La campagne est devenue « un parking bétonné ». « La vie automobile, éternellement individuelle », avait détruit tous les liens sociaux. « La civilisation automobile avait eu raison de l'Art, de la Poésie, de la Nature. Elle avait détruit quantité de choses. Famille, Sentiments, Amour... Elle n'avais jamais réussi à supprimer la croix-rouge. »

 

Contre cette « lèpre de la civilisation », un Etat totalitaire mondialisé broie les voitures et tue les conducteurs, « seuls moyens de sauvegarder l'espèce humaine ». Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. Celui qui ne se retrouve pas un volant dans les tripes se transforme, jambes atrophiées et bide proéminent, après des années entières avachi dans son siège de con(ducteur).

 

Ainsi se comportent la masse de semblables, au service du Grand Maître Automobile. « Au nom des Ailes, des Portières, et du Moteur, ainsi soit-il. » Marcher, c'était un mot banni, qu'il ne fallait même pas prononcé. Mais, dans l'ombre, une résistance existe. Le FLP, Front de libération des piétons. Leur mot d'ordre : « Nous voulons la fin de la civilisation automobile. Nous voulons reconquérir la planète pour y vivre comme l'on y vivait autrefois. A pied. »

 

« La cilivation automobile avait un ennemi apparemment résolu et organisé. Alors, l'humanité n'était peut-être pas perdue. » Robin Cruso en est. Arrivera-t-il à faire chuter la toute-puissance automodébile ?

 

Jean Yanne, l'Apocalypse est pour demain ou les aventures de Robin Cruso, éditions Jean-Claude Simoën, 1977

 

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Publié dans Livres anti-bagnoles

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