La planète femme à bicyclette

Publié le par Pierre Thiesset

IMG_3912t.JPGDeux filles à vélo, seules, pendant dix mois autour du monde ? Tout de suite, l'entourage crie à la folie : « Vous êtes totalement inconscientes. » Mais pour Sibylle d'Orgeval et Maud Marin La Meslée, « il n'y a pas d'aventure sans incertitude ». Les deux amies choisissent des sacoches comme nouvelle maison.

 

« Pédaler, avancer, et chaque jour recommencer. » Parties de la France, elles descendent l'Espagne jusqu'à Gibraltar. Puis le Maroc, le Sahara, les pistes sablonneuses de la Mauritanie. « Jamais, nous n'avions regardé autour de nous avec tant de curiosité. » Sénégal, Argentine, Chili, Japon, Inde, Pakistan... Iran : « Notre privilège d'Occidentales nous donne le droit de faire du vélo en Iran alors qu'il est interdit aux femmes, sauf dans des jardins clos. Cet outil dangereux permet des déplacements libres et prouve une certaine force physique. Certaines Iraniennes luttent pour gagner le droit de pédaler. » Le vélo a toujours été un outil de libération et d'émancipation.

 

Pendant leurs 12.534 kilomètres, les pédaleuses bénéficiaient d'une grande hospitalité, spontanée, chaleureuse.  « Nous avons pris le rythme du vélo et celui du voyage au long cours. Avancer. Peu de temps avant la nuit, trouver où dormir, se laisser happer par une famille... Et se laisser guider pour la soirée. » Les « inconscientes » ont de quoi faire taire tous les anxieux terrorisés par l'étranger.

 

Sibylle d'Orgeval et Maud Marin La Meslée, « La planète femme à bicyclette », dans Carnets d'aventures, Albin Michel, 2003.

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