La tentation de la bicyclette

Publié le par Pierre Thiesset

IMG-copie-1.jpgA la fin du 19e siècle, la bicyclette est partout. La production s'industrialise, le peuple s'en empare. Elle suscite un engouement gigantesque qui se retrouve jusque dans la littérature.

Edmondo de Amicis, écrivain italien, regarde en spectateur. Un à un, ses amis sont conquis par cette machine simple, grisés par la vitesse et les nouveaux horizons qui s'ouvrent au guidon. Ils tentent de convaincre leur collègue : en vélo, les douleurs et les soucis disparaissent, notre pensée et notre écriture s'améliorent... Rien n'y fait. L'écrivain a beau voir des visages radieux, des corps filer, il a peur de la chute, des rires et du ridicule. Mais même la nuit, il rêve de « fendre l'air sans presque sentir le contact de la terre », de ressentir la « caresse violente de la brise », de contempler le « défilement vertigineux de paysages » et de s'enivrer « d'air, de lumière et de fraîcheur ». Alors, au lieu de regretter, il conseille : « ne résistez pas », « sautez en selle ».

 

Edmondo de Amicis, La tentation de la bicyclette, Les éditions du Sonneur, 2009.

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