La voiture véhicule de la violence

Publié le par Pierre Thiesset

anv.jpgViolence, voiture, tuerie : ces mots sont inextricablement liés. Les foules fanatisées ont beau se cacher les yeux, la réalité est saignante. C'est un « bilan de guerre ». Morts, mutilés, handicapés à vie, blessés graves. Etalement urbain, destruction des paysages, pollution. Bruit, raréfaction de l'espace, du pétrole. Stress, fatigue, perte de temps. Maladies pulmonaires, cardiovasculaires, obésité. Individualisme, agressivité, destruction du lien social. Guerres du pétrole, soutien de dictatures, corruption. « La violence routière est impitoyable, mais elle est acceptée par la société comme le tribut sacrificiel d'un objet idolâtré par beaucoup : la voiture. »

 

 

Dépendants de la machine toute-puissante, nous engloutissons des sommes astronomiques pour un résultat dérisoire. Le trafic sature, la vitesse tombe. Symbole d'une « société de consommation suicidaire où prévaudrait la satisfaction des désirs refoulés, l'accomplissement des actes manqués, la réalisation des rêves inassouvis », la route est un exutoire où se déchaînent les pulsions de destruction. Il est temps de nous en désintoxiquer.

 

Alors que « les deux tiers des déplacements automobiles sont inférieurs à cinq kilomètres », l'alternative paraît évidente : réapprendre à se déplacer par ses propres moyens. Réutiliser nos jambes qui s'atrophient et se ramollissent. Pénaliser les chauffards. Redéployer les fonds publics engloutis dans le tout-bagnole pour financer les transports collectifs. Se réapproprier l'espace confisqué par les carcasses en métal.

 

Alternatives non violentes n° 123, été 2002, « La voiture véhicule de la violence ».

 

 

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Publié dans Livres anti-bagnoles

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