Les congés payés

Publié le par Pierre Thiesset

conges-payes 1657C'était il y a 74 ans... Quand les prolots ne votaient pas pour des slogans aussi abjects que « travailler plus pour gagner plus ». Quand les syndicats fortement teintés d'anarchisme n'organisaient pas de pitoyables « journées d'action » en implorant : « S'il vous plaît, plus de pouvoir d'achat, pour consommer plus ! »

En 1936, les populos voulaient se défaire des chaînes qui les retenaient toute l'année au turbin. A grands coups d'occupation d'usines, de grèves massives et de manifs, ils ont arraché la semaine de quarante heures (au lieu de 48) et, surtout, les congés payés. La France est le dernier pays industrialisé d'Europe à reconnaître ce droit. Au grand dam du patronat.

Deux semaines de liberté par an ! Le luxe réservé à une poignée de privilégiés devient accessible à tous ! Les gares sont prises d'assaut. Les trains bondés. Sur les quais, aux fenêtres, des virages radieux sourient au photographe. Ils se ruent vers les plages. Beaucoup voient la mer pour la première fois.

Des couples partent en tandem respirer à pleins poumons le grand air. La bicyclette devient « l'accessoire indispensable des vacances ». Un cycliste grimpe à 2.400 mètres d'altitude en traînant sa remorque, pour « savourer au maximum la liberté ». Des familles marchent, campent en pleine campagne, pique-niquent. On joue, on dort, on rit, on pêche, on découvre, on rencontre, on crée et on rêve... Les photos parlent d'elles-mêmes. C'est la grande évasion !

Les congés payés en photos, collection Roger Viollet, Hachette.
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