Marées noires : tous responsables

Publié le par Pierre Thiesset

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Et voilà qu’une nouvelle marée noire souille les côtes des Etats-Unis. Suite à l’explosion d’une plateforme pétrolière, une gigantesque diarrhée pourrit le Golfe du Mexique. Les ingénieurs ont beau se gratter la tête, ils ne savent pas comment colmater les fuites. Les pompiers pyromanes tentent d’enflammer la nappe. On érige de pitoyables barrages flottants. Illusoire bataille. La merde du diable n’a pas fini de détruire les mangroves.

 

Et nous voilà, éternels bien-pensants indignés face au désastre écologique, à ressasser le même refrain : BP pas gentil ! BP c’est pas bien ! Les sempiternelles formules qu’on recrache à chaque catastrophe pétrolière. Erika ? TOTALement responsable, disaient les autocollants.

 

C’est notre schizophrénie qui est totale. Ces plateformes pétrolières, ces superpétroliers, ces hyper-industries, hyper-infrastructures, hyper-institutions, elles ne sont là que pour alimenter notre gloutonnerie, notre frénésie insatiable, notre fringale de toute-puissance. Elles fournissent la matière première aux moteurs de l’absurde, à nos tanks dont la moitié des trajets ne dépassent pas les trois kilomètres (source : Ademe).

 

Bons pacifistes, bons peuples de gôche, nous pouvons bien défiler derrière nos pancartes « non à la Busherie ». A la première pompe à essence venue, nous faisons le plein et sponsorisons aussitôt les massacres. Irak, Afghanistan, derrière Obama il y a la cohorte des automobilistes lambda. Les soutiens de dictature en Afrique, les crimes commis en Birmanie, c’est nous. L’érection de centrales nucléaires et l’exploitation du lithium en Amérique latine, c’est nous et nos caissons « propres ».

 

Il est plus que temps d'arrêter de nous voiler la face. De nous regarder dans une glace. Et constater que les 20 % de la population mondiale qui pillent 80 % des ressources de la planète, c’est nous. L'impérialisme, le néocolonialisme, c’est nous. Le dérèglement climatique, c’est nous. L’effondrement de la biodiversité, c’est nous, maintenant. L’heure est venue de passer à la caisse. L’addition va être salée.

Publié dans Articles anti-bagnoles

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philippe cros 01/05/2010 22:16


Tu nous avais caché ce petit espace de liberté. C'est extra. Je vois qu'un livre va bientôt sortir, j'espère qu'on en aura la primeur. D'Ourouer à Riga, ça fait un sacré périple. N'hésite pas à
donner de tes nouvelles.