Petits cycles de bonheur

Publié le par Pierre Thiesset

IMG_1602.JPGNous avons tous des souvenirs liés au vélo. Ils ne s'oublient pas, ces moments d'insouciance, de tranquillité, de grâce. On se rappelle toujours du jour où l'on reçoit son premier biclown. Enfant, on apprend la vie, on appréhende le monde, on cherche l'équilibre. On chute, on se relève. Notre corps se forge, notre personnalité s'éveille. On se sent fort et on est attiré par le dehors. La bicyclette nous pousse à nous affranchir, à quitter le domicile et à prendre notre autonomie.

Le vélo devient « compagnon d'évasion », « complice toujours prêt pour partir en cavale », « pour sortir de la répétition ». Il nous libère, nous pousse à nous ouvrir sur le monde. Flâner, se balader entre copains, contempler d'autres horizons, « prendre la tangente », « s'échapper du peloton ». Qui a permis les premiers congés payés, à part les grèves et le Front populaire ? Le vélo.

Convivial (les cyclistes se saluent, « le vélo crée un contact complice »), grisant, propice à la rêverie, ce « compagnon de route, fidèle et toujours prêt », nous rend la « vie quotidienne agréable ». Ce n'est pas un simple objet, mais une « machine permettant de réaliser des désirs ».

Pierre-Louis Desprez, Petits cycles de bonheur, Arléa, 2007.

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