Pour en finir avec la société de l'automobile

Publié le par Pierre Thiesset

1767.JPG« L'automobile, c'est la liberté », éructent les simplets propagandistes du tout-bagnole. George Orwell ne disait pas autre chose dans 1984 : « La guerre c'est la paix, la liberté c'est l'esclavage. » La belle liberté sur quatre roues se traduit par un massacre de 1,3 million de personnes chaque année, selon les chiffres officiels de l'Organisation mondiale de la santé. Un chiffre qui peut être doublé si l'on prend en compte les morts provoquées par les flatulences des pots d'échappement. Depuis la Seconde Guerre mondiale, aucune catastrophe n'a atteint l'ampleur du désastre automobile.

 

Cette folie collective conduit à l'épuisement des réserves de pétrole et aux guerres menées par l'Occident sous couvert de « lutte contre le terrorisme » et de démantèlement des « armes de destruction massive ». Le pillage ne concerne pas seulement le pétrole, mais aussi les métaux (aluminium, acier, cuivre), maintenant le lithium pour alimenter les batteries des véhicules électriques, si propres.

 

La voiture pète du dioxyde de carbone, responsable du réchauffement climatique, de la hausse du niveau des mers, de la raréfaction des ressources en eau. Elle amenuise la biodiversité. Déstructure la société, casse la convivialité, déshumanise tout sur son passage. Moteur de la mondialisation, des délocalisations, de l'exode rural, elle défigure les paysages, provoque l'étalement urbain, l'envahissement publicitaire en panneaux 4 mètres par 3, l'implantation de gigantesques zones commerciales, s'accapare l'espace, engendre stress et violence, problèmes de santé, bruit...

 

Non seulement cette machine infernale nous conduit au chaos, mais elle est, surtout, d'une inefficacité imbécile. Le tout-voiture conduit immanquablement à la saturation du trafic. Et l'objet n'est absolument pas performant. Si nous prenons en compte tout le temps consacré aux transports (temps passé au travail pour se payer la voiture, l'assurance, les réparations, l'essence, coût pris en charge par la collectivité pour déployer des infrastructures démesurées et pour "réparer" les destructions engendrées), les automobilistes ne se déplacent pas plus vite qu'un cycliste.

 

auto-decomposition 1777Après ce réquisitoire sans appel, Marcel Robert donne des pistes pour sortir de la civilisation automodébile. Limiter la vitesse à 30 km/h en ville pour que les hommes se réapproprient la rue. Développer l'usage du vélo, - « mode de déplacement économique, qui ne pollue pas et ne fait pas de bruit, occupe très peu d'espace, ne consomme pas d'énergie fossile, n'est pas dangereux pour les autres, est rapide [...] et bon pour la santé » - en suivant les exemples de la Suisse, de l'Allemagne, des Pays-Bas ou du Danemark. Densifier l'habitat, mettre fin à l'étalement urbain, concevoir un nouvel urbanisme en s'inspirant des quartiers sans voitures mis en place en Allemagne ou aux Pays-Bas, réaménager le territoire, déployer activités, services, commerces pour en finir avec la spécialisation des zones. Au lieu de payer collectivement le délire motorisé, faire payer les automobilistes : péages urbains, rétablissement de la vignette, taxation des véhicules les plus puissants, suppression des avantages fiscaux accordés aux conducteurs... Arrêter de gaspiller les fonds publics en les engloutissant dans l'automobile, les affecter pour les transports en commun. Reconvertir l'industrie de la bagnole, condamnée.

 

La vie sans voiture, c'est déjà une réalité pour plus d'un quart des ménages de l'Union européenne. Face au dérèglement climatique et à la raréfaction des ressources naturelles, la fin de la société de l'automobile devient une urgence. C'est la seule issue pour freiner les conséquences d'un choc devenu inévitable.

 

Marcel Robert, Pour en finir avec la société de l'automobile, Carfree France, septembre 2005. Cet ouvrage numérique est disponible à l'adresse : http://carfree.free.fr/pour_en_finir.pdf.

Publié dans Livres anti-bagnoles

Commenter cet article