Ubu cycliste

Publié le par Pierre Thiesset

IMG_1544.JPGAlfred Jarry (1873-1907), le père du personnage d'Ubu, était un amoureux de la bicyclette. Ce « petit mulet que l'on conduit par les oreilles et que l'on fait avancer en le bourrant de coups de pied ». L'écrivain s'était endetté pour acquérir un modèle sportif dernier cri, une Clément luxe 96 qu'il ne paiera jamais. « Alors on se mit à faire de la bicyclette furieusement », à s'entraîner, à se fortifier sans cesse pour filer, jarrets d'acier, « jouir de la vitesse ». Pour goûter à l' « émotion esthétique de la vitesse dans le soleil et la lumière, les impressions visuelles se succédant avec assez de rapidité pour qu'on n'en retienne que la résultante et surtout qu'on vive et ne pense pas ». Les « effets euphorisants de l'alcool » en sus.

Nul doute que le pédalage a contribué à forger le style unique de l'auteur. « Il devait se servir de cette machine à engrenages pour capter dans un drainage rapide les formes et les couleurs, dans le moins de temps possible, le long des routes et des pistes. » Ce livre rassemble ses écrits vélocipédiques. On y trouvera notamment le récit délirant d'une course folle, entre une locomotive et un vélo cinq places. Lancés à plus de 300 km/h...

Alfred Jarry, Ubu cycliste, le Pas d'oiseau, 2007. Le catalogue "cycliste" de l'éditeur : lepasdoiseau.com.

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