Besoin de vélo

Publié le par Pierre Thiesset

IMG_1627b.jpgL'écriture de Paul Fournel, président de l'Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) et auteur d'une ribambelle d'ouvrages, est forcément influencée par la pratique assidue du cyclisme. « Le vélo est un bon lieu de travail pour l'écrivain. D'abord il se tient assis, ensuite il est dans un silence venté qui aère le cerveau et favorise la méditation, enfin il fabrique avec ses jambes quantité de rythmes différents qui sont autant de musiques pour le vers et la prose. » Ces pensées d'effort se révèlent « plus cinglées, plus libres qu'elles ne le seraient dans un salon ».

Dans Besoin de vélo, l'écrivain confie son amour pour la petite reine. Pourtant, enfant, la rencontre avec le deux-roues se fait violente. Il en a collecté des chutes, des points de suture, des portières de voiture. Il s'est même blessé en pédalant sur... un vélo d'appartement ! Mais le cycliste se relève et remonte en selle. C'est ainsi que se conquièrent équilibre et autonomie. On crève, on répare et on repart. Pour aussitôt disputer le sprint avec les copains, sur des vélos de course dernier cri, en rêvant de tour de France ou de Paris-Roubaix.

« Le vélo est un engin génial qui permet à l'homme assis d'aller par la seule force de ses muscles deux fois plus loin et deux fois plus vite que l'homme debout. » Ce « coup de génie », « outil de la rapidité naturelle », ouvre les horizons. Porté par la selle, en lévitation au-dessus de l'asphalte, « le cycliste est d'abord un voyageur ». « Enfourcher un vélo, c'est prendre possession du paysage. » Le besoin de vélo, c'est aussi le besoin d'air, de liberté et de grands espaces.

Paul Fournel, Besoin de vélo, Points, 2008. Le site de l'auteur : http://www.paulfournel.com.

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